Confinement et justice familiale.

Nous vivons des semaines exceptionnelles à tout point de vue.

Le confinement a été décrété depuis le 17 mars… et en terme de justice familiale, tout s’est arrêté ou presque !… Et pourtant, lorsqu’on vit une situation de difficulté conjugale, se retrouver chez soi, confiné, voire enfermé avec ses peurs, ses angoisses liées à une situation inédite tout en étant à huis clos avec celui/celle avec qui on ne s’entend plus, peut être source de difficultés plus grandes encore.

Aussi, lorsque je dois dire à mes clients qui attendent une date, une audience, une décision que « tout est renvoyé »… l’incompréhension prime.

  • Comment notre justice dite du « 21ème siècle » pour reprendre le nom de la dernière loi votée sous la mandature actuelle, peut-elle être si mal organisée que nos juges, leurs greffiers n’ont pas les moyens de travailler à distance ?
  • Comment pouvons-nous accepter que la décision attendue sur l’attribution du domicile à l’un des époux, le montant d’une pension alimentaire, ou autres demandes souvent urgentes soient remises « à plus tard », sans qu’aucune date ne nous soit donnée ?
  • Comment notre justice peut laisser faire des parents qui profitent de la crise sanitaire pour refuser de remettre leur enfant à l’autre parent ou pour, au contraire, s’emparer de la situation pour faire un coup de force et emmener l’enfant là où il serait plus à l’abri ?
  • Comment, à l’inverse des effets d’annonce, peut-on laisser faire des auteurs de violences dans le huis clos familial en ne facilitant pas la plainte (combien de mes client.e.s ont reçu le message qu’en ce moment on ne prenait pas de plainte ?)

Nos Juges ne sont pas de mauvaise volonté. On ne leur a jamais donné les moyens. Idem pour les greffiers.

La grève des avocats (cela semble si loin aujourd’hui !) avait contribué à souligner à quel point la situation de la justice était indigente. La crise sanitaire liée au covid ne va que confirmer cela… mais avec des conséquences d’une gravité tout à fait particulière, car le fonctionnement de la justice va en être affecté pendant des mois, voire des années.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.